Publié le : 05 août 20208 mins de lecture

Ce conifère indigène, de la famille des Taxacaeae se retrouve fréquemment dans nos jardins, dans nos parcs, dans nos cimetières.

Il est souvent planté seul ou en petits groupes de 2 à 3 individus.

Son feuillage persistant et sa croissance assez lente permettent d’en faire des haies vertes toute l’année et faciles à entretenir.

Il croit parfois tellement lentement que l’on recense actuellement des individus qui ne dépassent pas 1.5 mètre de haut après 50 ans de vie.

Rassurez-vous, il s’agit de cas exceptionnels, on le voit quand même pousser et nos petits oiseaux ne restent pas inactifs.

Le taxus est également réputé pour sa longévité exceptionnelle. On recense en Belgique des individus qui auraient plus de 800 ans. D’autres, en Europe auraient plus de 2000 ans !

Comme le ginkgo biloba, le taxus est une espèce dioïque c’est à dire qu’il existe des arbres mâles et des arbres femelles.

Avis à ceux qui veulent obtenir de beaux bonsaï lors de la fructification, mieux vaut choisir des plants femelles dès le départ !

Attention, les taxus sont très toxiques, tant pour les animaux que pour l’homme. Seul la partie rouge vif charnue du fruit ovoïde est comestible et très bonne de goût (attention n’avalez pas les graines, à ne pas suggérer aux enfants). Tout le reste de l’arbre : branches, écorce, feuilles et graines contiennent une substance très toxique.

Il n’est pas rare de devoir déplorer la mort de chevaux, de vaches suite à une ingestion de feuillage de taxus.

Espèces et variétés :

La famille du taxus est représentée par une à huit espèces, selon les discussions entre botanistes.

Mais en résumé nous pouvons considérer qu’il existe notre « If » traditionnel, le taxus baccata (Europe, Algérie, Asie Mineure) et l’If du Japon, taxus cuspidata dont la face inférieure des feuilles est plus jaune, portant de plus grosses grappes de fruits.

Le taxus baccata se retrouve de manière spontanée en Belgique dans les régions de Huy, Chimay.

Cependant en pépinière il est possible de trouver de nombreuses variétés du taxus baccata.

On peut citer par exemple les cultivars adperssa et adperssa aurea qui possèdent des feuilles très petites, de moins de 1 cm de long ! L’idéal pour nos bonsaïs. Il vous est même possible d’avoir un feuillage plus jaune en choisissant la variété adpressa aurea.

Si le port traditionnel élancé ne vous plaît pas, optez pour les formes directement naines ou poussant plus horizontalement que verticalement comme par exemple les variétés compacta et horizontalis.

Et ceux qui préfèrent des fruits jaunes au lieu de rouges choisiront le cultivar lutea.

Bref, il y a du choix dans le taxus baccata.

Multiplication :

La multiplication des taxus se fait essentiellement par semis pour l’espèce commune tandis que l’on utilisera le bouturage voire le greffage pour les cultivars.

Le semis est assez facile : après lavage, puis stratification, les graines seront placées en automne sous un lit d’aiguilles. Les jeunes plants devront être mis à l’ombre pendant les deux premières années. Le repiquage ne se fera que la deuxième année.

Petit conseil pour ceux qui tenteront le bouturage : choisissez des branches latérales plutôt que celles de l’apex. Les plants qui en résulteront auront plus tendance à s’étoffer latéralement qu’à pousser en hauteur.

Le marcottage aérien est bel et bien possible mais demande un peu de patience. Il faudra 2 ans pour que la marcotte prenne racine et seulement après ces deux années il sera possible de la retirer du pied mère.

Une expérience personnelle m’a permis ainsi le prélèvement d’une marcotte sur un tronc de plus de 5 centimètres de diamètre.

Une attention particulière est nécessaire pour éviter un dessèchement du sac de marcottage. En deux ans il faudra vérifier plusieurs fois l’humidité de la motte.

Lors de notre prochain atelier, nous réaliserons une démonstration sur un arbre résolument droit, plantévoici 4 ans dans un pot. Ce taxus avait à l’origine une hauteur de 3 mètres. Ce plant vivotait au fond d’un jardin et au lieu de le jeter au compost, il a été décidé de tenter l’expérience d’en faire un bonsaï.

Rabattu à quelques 40 centimètres et transplanté dans un pot moyen, les racines coupées assez sévèrement, il a pu récupérer à l’aise pendant 4 ans, aucune taille n’a été faite afin de lui permettre de reprendre des forces et de s’étoffer en feuillage.

Ce sera un bon exemple pour montrer ce que l’on peut faire avec des plantes possédant de vilaines cicatrices, résultant de la coupe pure et simple du tronc.

Voilà comment obtenir sans trop d’effort un arbre au tronc relativement gros (5 cm) en peu de temps. Reste à lui donner sa forme définitive.

Forme en bonsaï:

Il se prête à la formation dans tous les styles, hokidachi excepté.

Sa croissance relativement droite le prédestine cependant à être formé en shakkan voire en chokkan.

Petites astuces esthétiques:

De croissance lente, il produit un bois très dense et de nombreuses ramifications. Profitez-en pour faire de nombreux jins et de superbes sharis et éventuellement un superbe sabamiki.

Donnez aux plateaux une forme bombée et très dense. Alternez la longueur des branches tout en respectant la triangulation de l’ensemble.

Emplacement:

Il apprécie toutes les situations du plein soleil à l’ombre. Cependant pour lui conserver un feuillage réduit et de courts entre-nœuds, placez-le dans un endroit bien ensoleillé légèrement ombragé aux heures les plus chaudes. Il craint les températures extrêmes mais apprécie un léger courant d’air.

Arrosage:

Un arrosage quotidien modéré lui convient parfaitement. Il craint le dessèchement total du sol même en hiver.

Terre:

Assez indifférent à la nature du sol, il apprécie des sols calcaires. En gros 1/3 de terre, 1/3 d’akadama, 1/3 de sable et de gravier. Ajoutez éventuellement une pincée de chaux éteint ou une cuillerée à soupe de bicarbonate de soude pur, ou tout simplement l’une ou l’autre pierre calcaire. (augmentation du Ph du sol.)

Le mélange doit être bien drainant.

Le taxus peut avoir une reprise capricieuse après un réempotage, conservez dès lors un peu de son ancienne terre et laissez le pendant les deux premiers mois à l’ombre.

Engrais:

-chimique: tous les 15 jours après la reprise de la végétation avec une interruption à partir d’août.

-organique: parcimonieusement à partir de la mi-mars, plus abondant dès le démarrage de la croissance jusqu’à la fin novembre avec une interruption du 15 juillet au 15 août.

-BBC: pendant toute la période de croissance de la plante. (pas en hiver).

Réempotage:

Tous les 5 ans pour un arbre formé.

Poterie:

De forme adaptée au style; Le taxus apprécie une terre profonde. De teinte brune, éventuellement grise, le pot ne sera en aucun cas vernissé.

Ligature:

Peut se faire en toute saison quoique octobre et novembre restent la meilleure période. Surveillez de près de fin juin à août si vous favorisez le grossissement du tronc et des branches.