Jins, Shari ou Shari-miki

Il s’agit là, comme vous le savez, de techniques de vieillissement utilisées presque exclusivement sur des conifères. Le but essentiel est de vieillir l’arbre tout en lui donnant un aspect le plus naturel possible.

Jin : branche brisée écorcée et blanchie après séchage

Réalisation

Utiliser des branches déjà mortes ou écorcer les branches ou parties de branche vertes, il est plus difficile de le faire sur le bois mort.
Arracher les extrémités ou les tailler pour qu’elles aient l’air naturel.
Adapter la longueur au style de l’arbre. Sur un arbre élancé, ils seront courts; sur un arbre trapu, ils pourront être plus longs mais sans excès. Courts ils donneront un effet plus “dramatique”.

Jin de cime

Antérieur : il ressortira sur la verdure de l’apex et mettra en évidence le caractère dramatique de la tête de l’arbre.

Postérieur : c’est la verdure qui ressort mieux mettant en évidence la volonté de survie de l’arbre.

Faites votre choix en fonction de l’effet recherché.
Ne créez pas un excès de jins, il y a un équilibre imaginaire @a maintenir entre les branches qui ne sont plus là et celles qui subsistent.

Shari : écorçage d’une partie plus ou moins importante du tronc

Réalisation

Cette opération présente plus ou moins de difficultés selon l’importance du Shari et s’établira éventuellement sur plusieurs saisons.

– en médaillon consiste à accentuer les effets d’un Jin, présente peu de difficultés. Entailler l’écorce et dénuder le bois sous le Jin, sans excès, laisser sécher et puis blanchir. Rester logique dans la forme et les dimensions.
– en collier opération plus délicate, il y a lieu ici de tenir compte de la ligne de vie et de la disposition des racines par rapport aux branches. Il faut surtout éviter de sectionner les veines de sève qui alimentent encore des branches conservées. La plupart du temps les veines de sève sont verticales et suivent la ligne générale de croissance. Méfiez-vous des racines croisées qui sont parfois trompeuses.

Ils peuvent démarrer au-dessus d’un Jin, l’intégrer et se terminer dessous. Tracer préalablement le Shari sur le tronc au marqueur, à la craie et lorsque vous êtes sûr du trait, entailler l’écorce jusqu’au bois; dégager le dessus à la pointe du couteau, ensuite le tirer vers le bas dans l’axe du tracé. Si l’écorce dévie de la trajectoire, n’allez pas plus loin, revoyez le tracé et remettez votre opération à l’automne ou au printemps suivant. Le délai accordé permet à l’entaille de cicatriser.

L’écorce à tendance à se détacher en suivant la ligne de vie. Si le Shari est important, commencer idéalement vers la fin septembre, élargir ensuite fin mai début juin, si nécessaire élargir à nouveau fin septembre, octobre jusqu’à réalisation du Shari souhaité.

Le débuter fin septembre évitera une perte trop importante de sève et ralentit la cicatrisation; le bourrelet formé sera moins épais. Il aura cependant tendance à refermer progressivement le Shari; il faut donc enlever plus ou moins régulièrement.

Eviter d’enlever l’écorce jusqu’au sol, le bois finirait inévitablement par pourrir et ce malgré tous les soins. Si vous travaillez suffisamment progressivement l’arbre s’adaptera et modifiera ses lignes de vie, mais n’attendez pas des miracles.

Le Shari judicieusement placé peut aussi contribuer à réduire l’épaisseur du tronc.
Si un moignon de branche est intégré au Shari, vous pouvez le laisser en place, le réduire à une simple bosse mais aussi l’arracher à la pince et provoqué rune blessure qui mettra la structure du bois à nu.

Si vous manquez de patience mais pas de hardiesse et que vous aimez les risques, après le 15 août, déterminez votre Shari et après l’avoir dessiné, acharnez-vous dessus avec une pointe acérée jusqu’à ce que la surface désirée soit réduite à l’état de passoire. Laissez reposer jusqu’au mois de juillet suivant et écorcez l’entièreté en une fois.
Si vous optez pour cette technique et que le Shari est important, le risque le sera aussi.
Si le Shari monte en spirale, commencer par une courte pointe et monter progressivement.

Shari-miki :écorçage de l’entièreté du tronc à l’exception d’une ligne de vie qui doit alimenter toutes les branches de l’arbre

Réalisation

Même technique que pour le Shari mais impérativement étalée sur plusieurs opérations.(2 x 3 phases; varie selon l’importance du tronc)
Si vous êtes sûr de votre ligne de vie, tracer celle-ci à la lame puis ôter une bande d’écorce de 2 à 2,5 cm de part et d’autre et élargir ensuite selon le calendrier décrit plus haut.
Si vous n’êtes pas sûr de la ligne de vie, entailler à l’opposé de celle-ci puis élargir de part et d’autre progressivement avec prudence à l’approche du tracé prévu jusqu’à l’obtention de la ligne souhaitée.
Enfin, dernier conseil esthétique, si vous optez pour un Shari-miki, tracez le autant que possible sur le profil de l’arbre de sorte qu’une partie de celui-ci soit visible de face sur toute la hauteur du bonsa’i.

Et maintenant, bonne chance et patience ce qui se dit aussi en japonais, “bonsaï”.

Soignez vos Bonsaï
Formation d’un pré-bonsaï à partir d’un arbre de pépinière