Ginkgo Biloba, arbre aux quarante écus

Carte d’identité

Il faudrait plutôt dire Yin – Kuo, ou abricot d’argent selon son nom Chinois. Si les variétés de Pins symbolisent la longévité, le Ginkgo symbolise quant à lui l’éternité. C’est un véritable fossile vivant qui se situe entre le conifère et le feuillu. Son apparition sur terre remonte au jurassique moyen. Alors qu’on le croyait disparu, il fut redécouvert à l’est de la Chine, au XVII” siècle, dans la province de Chekiang. Il appartient à la famille des ginkgoacés et se rattache au groupe des gymnospermes. Ses feuilles prennent une splendide couleur or à l’automne.

Forme dans la nature

D’un port triangulaire, son feuillage est caduque et la forme de ses feuilles peut varier légèrement selon le biotope dans lequel il se développe ou selon son sexe. Ses feuilles sont de toute façon bilobées avec parfois une légère échancrure séparant les deux lobes. Son tronc assez massif à l’écorce craquelée longitudinalement est gris. Avec l’âqe. des tissus spongieux se développent à la base de celui-ci, qui semblent contenir profusion de bourgeons. Il peut atteindre une hauteur de trente mètres. Sa forme évolue avec l’âge, et au fil des siècles, son port deviendra columnaire.

Forme en Bonsaï

Les Chinois le forment comme un arbre classique, selon sa silhouette “juvénile “. Les Japonais quant à eux lui préfèrent son allure d’éternité et lui donnent cette forme caractéristique qu’on lui connaît si bien : la flamme qui monte bien droit vers le ciel.

Petites astuces esthétiques

En ce qui me concerne, c’est cette dernière forme que je lui préfère. Dans ce cas, un tronc massif et trapu est un ” must “. A la base, les branches seront presque verticales, avec un léger penchant vers l’extérieur. Puis vers le milieu de sa hauteur, la tendance s’inversera pour en arriver à former cette superbe flamme. Eviter qu’il soit trop touffu. Tenez compte du fait qu’il cicatrise très mal, pour ne pas dire pas du tout.

Emplacement

Pleine lumière, pour ne pas dire plein soleil si l’on veut limiter la taille des feuilles. Lorsque les feuilles sont formées, il ne craint pas un léger courant d’air ou une petite gelée nocturne. Protégez cependant ses racines des fortes gelées hivernales.

Arrosage

Adaptez votre arrosage aux circonstances, trop abondant, il entraînerait une croissance démesurée du feuillage. Il supporte l’assèchement de son sol entre deux arrosages, à condition bien entendu que celui-ci ne se prolonge pas au delà de 24 heures, voire moins en plein été.

Ligature

A mi-chemin entre le feuillu et le conifère, il ne se ligature qu’exceptionnellement. Sa forme lui sera plutôt donnée par taille, pinçage et haubanage. Si sa silhouette extérieure demande des corrections au début de l’automne, vous pourrez toujours regrouper les branches en balai à l’aide d’une corde ou de raphia.

Taille

Taille de structure vers la fin de l’hiver. Si vous taillez, faites le toujours juste au-dessus d’une feuille orientée vers l’extérieur. Ensuite, procédez plutôt par pinçage et sélection des bourgeons, la cicatrisation étant inexistante sur cet arbre.

Poterie

Classiquement, dans un pot rond ou ovale de teinte grise en concordance avec la couleur du tronc, beige ou brune comme les conifères auxquels il a longtemps été assimilé. Avec un sujet particulièrement beau et âgé, une petite fantaisie est permise.
Tenez cependant toujours compte du fait que le Ginkgo préfère une terre profonde.
Prenez également en considération l’aspect lourd et trapu du tronc.

Rempotage

Tous les deux a trois ans pour les jeunes sujets. Pour les sujets de plus de dix ans, tous les cinq ans environ.

Terre

Mélange standard légèrement enrichi pour les jeunes plants, il contiendra en plus une part d’argile rouge et de glaise noire. Pour les sujets adultes, le mélange se composera idéalement de 2 parts de KYRIU (mélange d’argile rouge, de glaise noire et de caillasse de grosse granulométrie ) enrichi d’une part de terreau.

Engrais

B. B. C. selon le dosage, attendre le développement de premières feuilles puis sans interruption jusque fin octobre, avec cependant une réduction du dosage de début juillet jusqu’au 15 août. Chimique progressif du 15 avril à début juillet, reprendre de début septembre jusque fin octobre. Organique de début avril à fin septembre, avec une interruption de mi-juin à mi-juillet.

Maladies et Parasites

Le Ginkgo Biloba est un arbre très solide qui semble ne pas être sujet aux maladies ni aux parasites. Seul le pourridié est à craindre et dans ce cas, lorsque les symptômes apparaissent, il est déjà trop tard. Tentez toujours un traitement aux fongicides, on ne sait jamais …

C’est un vestige du passé car il existait déjà il y a 150 millions d’années. Comme cité précédemment, cette arbre fort spécial n’est en réalité ni un feuillu ni un conifère !
A l’instar des conifères c’est un gymnosperme ( = plante à graines nues), à l’opposé de nos feuillus qui sont des angiospermes ( = plantes à graines cachées , enrobées dans des fruits). En effet les graines du ginkgo ne sont pas enfermées dans un fruit comme on pourrait le penser, mais restent à l’air libre simplement protégées par un tégument jaune. On ne devrait donc pas parler des fruits du ginkgo mais bien des graines.

Et attention, toutes les plantes de ginkgo ne peuvent porter de graine! En effet, c’est une espèce dioïque, c’est-à-dire soit un plant mâle soit un plant femelle. (le kiwi est un autre exemple de plante dioïque). 

Pas de chance pour vous, reproduire par graine vous sera fort compliqué pour la simple raison que peu de plantes femelles sont vendues en commerce car les graines dégagent un forte odeur désagréable.

Autre particularité, les feuilles qui comme celles de nos feuillus tombent en hiver et repoussent au printemps n’apparaissent sur les plantes femelles que 2 à 3 semaines après le débourrage des feuilles de plantes mâles !

Enfin les graines (comestibles) sont réputées en Chine et au Japon pour leur action favorisant la digestion et atténuant les effets de l’alcool. Les feuilles sont utilisées contre les troubles de la circulation sanguine au niveau des jambes et du cerveau.

Si en Chine et au Japon le Ginkgo est un arbre commun dans les villes, nous ne le retrouvons que rarement dans nos rues, aux côtés de Prunus ou d’Erables. C’est pourtant un très bel arbre, surtout en automne lorsque ses feuilles prennent de superbes couleurs. L’avenue Brugmann à Uccle est une exception assez récente, à voir.

Taxus
Prunus